RÉALISER DES JOINTS A LA
CHAUX |
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Document rédigé par Luc NEPLES
La réalisation de joints ne pose pas de problème
particulier alors comment expliquer que les joints soient si
souvent mal réalisés, techniquement inadaptés
ou inesthétiques ?
La première question que l'on devra se poser sera dans
tous les cas : "faut-il laisser les pierres apparentes
ou les enduire ? "
- Nous passerons en revue les murs les plus fréquents
et les observations qui peuvent vous permettre de différencier
les constructions qui se prêtent à un jointoiement
des murs qui doivent recevoir un enduit.
- Nous détaillerons la composition du mortier et son
application avant de nuancer son aspect de surface.
Si un rejointoiement se justifie, on observera les anciens joints
pour approcher leur composition et leur aspect.
On peut dès lors approvisionner les matériaux,
préparer le mortier et l'appliquer.
Des patines et des variations dans le traitement de surface
intégreront au mieux les joints neufs aux pierres qu'ils
accompagnent.
Ces recommandations concernent évidemment le bâti
ancien (a) dont les murs ont été hourdés
(b) sans ciment.
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1 - Les murs hourdés à la
terre ou au mortier de sable et chaux peuvent recevoir des joints
composés de sable et de chaux.
La fonction technique première d'un joint est de s'opposer
à la pénétration de l'eau.
Les joints ne seront donc jamais en creux.
Les joints beurrés débordent même sur les
pierres. |
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(a) - Nous désignons par "bâti
ancien" toutes les constructions dont les murs ont été
bâtis sans ciment.
Le ciment marque une rupture technique radicale dans les savoir-faire.
Il colle entre eux des matériaux insensibles à l'eau.
On trouve parfois le ciment associé à des pierres
froides sur des pavillons. Ces cas rares mis à part, le
ciment est nocif pour les pierres.
Aujourd'hui le ciment permet de monter des murs en "aglos"
de ciment.
Notre fiche conseil ne concerne pas ces murs insensibles à
l'eau. |
(b) - HOURDÉ : Le mortier
de hourdage est le mortier qui a servi lors de la construction
du mur. Il se compose fréquemment de terre sans chaux et
parfois de sable et de chaux. Si les joints ont été
réalisés en montant le mur, ils sont de même
nature.
Si les joints ont été réalisés à
part ou refaits plus tard, ils seront de nature différente,
composés de sable et chaux. Si les joints contiennent du
ciment ou des hydrofuges, on devra purger les joints avant de
les refaire pour laisser sortir l'humidité. |
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SOMMAIRE :
JOINTOYER OU ENDUIRE ? ... selon le TYPE DE
MUR
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JOINTOYER OU ENDUIRE ? ... selon le TYPE DE MUR

2 - Pierre de taille en calcaire tendre. Le ravalement ne devra
pas épaufrer les joints.
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On peut classer les
pierres qui composent les murs en fonction de la qualité
du travail de taille dont elles témoignent.
LES MURS EN PIERRE DE TAILLE
On nomme "Pierre de taille" les blocs
taillés avec une précision telle que le mortier
ne participe pas à la stabilité du mur. Un coulis
de chaux assure parfois une étanchéité complémentaire
des joints.
Les joints d'assise apparents se situent entre 1 et 5 mm. Lors
du ravalement on veillera à ne pas épaufrer le bord
des pierres. Les joints seront si besoin regarnis d'un mortier
de pierre concassée et de chaux aérienne.
La couleur et la granulométrie du joint seront aussi proche
que possible de la pierre du parement.
On cherchera à restituer un effet d'ensemble, à
fondre le joint avec les pierres.
Si la pierre est poreuse, une patine à la chaux teinte
pierre, passée sur la pierre et sur le joint, peut affiner
l'effet d'ensemble recherché. |

3 - Pierre de taille en pierres froides. |

4 - Parement en pierre de taille du XVeme.
Joints à regarnir au nu des pierres. |

5 - Pierres équarries en calcaire tendre.
Joints de la couleur des pierres. |

6 - Pierres équarries en calcaire dur, en
Lozère. Murs montés presqu'à sec. |
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7 - Pierres équarries et joints en terre réalisés
en montant le mur. |
LES MURS EN PIERRES
EQUARRIES
- Plus grossièrement taillées,les
pierres équarries présentent des joints d'une largeur
qui varie de 1 à 3 cm.
Un mortier de sable et de chaux, assure la liaison entre les blocs
dans la masse du mur et garnit les joints des parements.
Avant de regarnir les joints dégradés on purge le
mortier instable sur 2 cm de profondeur.
Les nouveaux joints se composeront de chaux et de sable.
On réalise des joints pleins, ni en retrait ni en saillie
par rapport au niveau des pierres.
Le mortier de jointoiement devra approcher la couleur des pierres
par le choix des sables ou l'inclusion de pierre concassé
ou de terres naturelles ne contenant pas de matières organiques.
Le joint est coupé avec le tranchant de la truelle. Il peut-être
brossé quand il est encore souple pour refermer les fissures
qui se forment au contact de la pierre.
Les mortiers à base de chaux aérienne se laissent
resserrer plus longtemps. |

8 - Pierres équarries et joints pleins de
même teinte composés de sable et de chaux. |

9 - Appareil polygonal hourdé au ciment inspiré des
ouvrages du chemin de fer. |
MURS
EN PIERRES FROIDES HOURDÉS AU CIMENT
Les murs édifiés en bordure des voies
de chemin de fer se composent fréquemment de pierres froides
polygonales maçonnées au ciment.
Les maçons qui maîtrisaient cet appareil l'ont réalisé
également sur certaines maisons ou pavillons. (9)
De nombreuses caves viticoles édifiées au XIXeme et
début XXeme utilisent les même matériaux : pierre
froide et ciment.
Les joints de 2 à 3 cm s'apparentent à ceux des pierres
équarries. Le ciment utilisé pour bâtir le mur
se retrouve également dans les joints. Il ne pose pas de
problème technique avec les pierres froides, insensibles
à l'eau.
Dans ces ouvrages la pierre blanche posée avec soin est mise
en valeur par des joints qui varient du gris pâle au beige
et au jaune terre de sienne.
Ces joints se situent généralement en léger
retrait (environ 5 mm) par rapport aux pierres du mur, pour mettre
en valeur l'appareil soigné des pierres. |

10 - Pierres froides équarries sur une cave viticole. |
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11 - Larges et irréguliers, les joints des pierres de tout-venant
s'exposent à l'eau.
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LES MURS EN PIERRES
DE TOUT-VENANT
Ces murs de blocage sont très fréquents
dans certaines régions.
Comme le dit leur nom, les pierres "de tout-venant" ne
sont pas taillées. Elles étaient cueillies dans leur
forme naturelle, sommairement triées et mises en place dans
la masse du mur par empilement dans un bain de mortier.
Le rôle du mortier est ici primordial. Il lie les pierres
et donne au mur sa compacité.
La prise lente du mortier a conduit à bâtir des murs
épais capables de tenir malgré la faible résistance
initiale du mortier.
Le mortier prenant sa résistance avec le temps a apporté
un complément de cohésion qui explique la stabilité
de ces murs quelques siècles après.
La grande quantité de chaux et de sable nécessaires
étant coûteuse, les mortiers de hourdage des murs en
pierres de tout-venant sont fréquemment constitués
de terre sans chaux.
LES JOINTS des murs en pierres de tout-venant sont larges et irréguliers.
La surface de la façade exposée à la pluie
se compose de 30% à 50% de joints.
Si les joints ont été réalisés en montant
le mur, ils ont la même composition que le mortier situé
au coeur du mur, souvent terreux.
On distinguera toutefois les pierres de tout-venant posées
en assises horizontales (13)
Cette pose témoigne d'un soin et d'un savoir-faire apparenté
à la construction en pierres sèches. Plus réguliers,
les joints des pierres assisées présentent une surface
d'exposition moindre en façade.
Le plus souvent posées sans soin, les pierres de tout venant
étaient grossièrement triées. Les meilleures
pierres (grosses, allongées ou froides) étaient utilisées
pour le pignon que l'on prévoyait de ne pas enduire. Les
autres (poreuses, petites ou de forme irrégulière)
constituaient la masse du mur de façade qui allait recevoir
un enduit.
Cette observation faite par un maçon met en évidence
l'erreur qui consiste à écorcher les façades,
à leur enlever leur peau protectrice mettant en évidence
ce que l'on avait bâti sommairement dans l'attente d'un enduit
protecteur. |

12 - Joints en terre réalisés en montant le mur. |

13 - Pierres de tout-venant assisées |

14 -Quand elle accompagne des bandeaux et encadrements en relief,
la pierre de tout-venant doit-être enduite. |
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17 - A Perpignan, les briques nommées "caïroux"
ont l'épaisseur du mur. Elles sont au nu des encadrements
en pierre blanche.Les joints restent apparents, parfois entretenus
avec un badigeon rouge brique.
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LES
MURS EN BRIQUES
On ne laissera pas apparents les parements dont
les briques peu cuites se délitent.
Si le mur se compose de briques de qualité médiocres
posées en retrait par rapport aux encadrements, on pourra
également les enduire pour les protéger.
Quand les briques sont au même nu que les pierres des encadrements
(17) un enduit en surépaisseur serait disgracieux. Il s'arrêterait
en relief par rapport aux encadrements.
Pour limiter les infiltrations d'eau on veille alors à entretenir
les joints.
Les joints dégradés sont regarnis. Les joints stables
sont conservés et un badigeon de chaux rouge brique passé
sur les joints et les briques redonne un effet d'ensemble.
DES JOINTS BADIGEONNÉS EN ENTRETIEN PRÉVENTIF
Les badigeons sont aussi appliqués en entretien préventif,
pour éviter que la pluie ne désagrège le mortier
des joints par dissolution progressive de la chaux.
On considère qu'une couche de badigeon tous les 20 ans compense
l'érosion par la pluie. |

18 - La qualité des briques choisies pour copier la forme
des éléments en pierre de taille permet de les laisser
apparentes. |
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19 - TOULOUSE VILLE
BLANCHE, comme n'en témoignent plus les nombreuses façades
aujourd'hui en briques apparentes.
Entre les briques, les joints pleins restituent un parement continu
autrefois enduit ou badigeonné de blanc pour imiter la pierre
blanche.
Les faux joints creusés (A et B) simulaient le rythme de
gros blocs de pierre. |
DÉTECTER LES INFILTRATIONS :
En complément de ce badigeon périodique, il faut vérifier
régulièrement l'état de la zinguerie et du bord de
toiture.
Les infiltrations doivent être détectées et réparées
avant que les petites fuites ne sapent lentement mais sûrement les
murs.
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20 - Les bois sculptés restent évidemment apparents
mais les bois fonctionnels en croix de Saint André peuvent
selon leur état recevoir un enduit protecteur ou rester apparents,
comme ici. |
LES MURS EN PAN
DE BOIS
ENDUIRE ...
On enduira les pans de bois dont les matériaux de remplissage
sont trop irréguliers ou trop sensibles à l'eau (plâtre
/ briques mal cuites / terre crue).
Les murs de faible épaisseur peuvent aussi souffrir du manque
d'enduit.
Plus généralement on cherchera quelle était
l'intention d'origine. Si un enduit était prévu les
bois sont parfois plus grossiers ou de réemploi et les remplissages
moins soignés.
Dans tous les cas l'enduit sera mince pour ne pas déborder
le nu des bois.
NE PAS ENDUIRE ...
On a pu enduire pour les protéger des incendies des maisons
à pan de bois initialement apparents.
A l'inverse, la disposition des briques à l'intérieur
des panneaux témoigne parfois d'une disposition décorative
évidente qui justifie de les laisser apparentes.
Les remplissages soignés qui accompagnent les pans de bois
sculptés restent également apparents.
ANTICIPER LE TRAJET DE L'EAU...
Comme toujours l'esthétique ne doit pas occulter la technique.
On doit anticiper l'écoulement des eaux sur les façades
non enduites.
Si le remplissage reste apparent, on veille à limiter la
pénétration d'eau par les fissures qui se manifestent
au contact des bois. On resserre le mortier en cours de prise. Les
mortiers à base de chaux aérienne se prêtent
encore le lendemain à ce travail soigneux de resserrage.
L'on peut également appliquer un lait de chaux de la teinte
des briques, sur les briques et sur le joints. Sous la peau du badigeon
de chaux on devinera encore les briques. Le badigeon permet également
des recharges périodiques sans décapage complet. Son
vieillissement s'accorde au mieux à l'esthétique du
bâti ancien. |

21 - Les remplissages moins soignés sont enduits pour limiter
l'apport d'eau par les joints. L'enduit à la chaux respirant
accroit la surface d'évaporation et diminue la quantité
d'eau en contact avec les bois. |
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22 - Mur en pierres sèches |
LES MURS EN PIERRES SÈCHES
(22)
Les murs en pierre sèche sont composés
de pierres froides de tout-venant, de forme naturellement plate.
Seul le coup de main et le coup oeil ont donné sa stabilité
au mur. Comme les pierres de taille, les pierres sèches reposent
directement les unes sur les autres. Aucun mortier ne vient répartir
les charges entre les pierres. On ne regarnira pas les joints d'un
mur en pierres sèches.
Si l'on envisage d'habiter une construction en pierre sèche,
on pourra enduire l'intérieur avec un mortier isolant de
chaux et chanvre et garder au parement extérieur son aspect
habituel. |
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APPROCHE COMPLÉMENTAIRE :
Interpréter ce que l'on voit.
Avant de réaliser des joints nous devons être
sur que les matériaux du mur peuvent rester apparent. On doit parfois
enduire pour des raisons techniques et d'autres fois pour rester en accord
avec le caractère de la construction.
Nous avons parcouru divers types de murs pour distinguer ceux qui nécessitent
un enduit de ceux qui peuvent rester
apparents, simplement jointoyés.
Si vous n'avez pas reconnu votre mur parmi ces exemples, ou en complément
de ce premier diagnostic, vous pouvez
mener une autre enquête ... |
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23 - On ne confondra pas les bas de mur dégradés par
la pluie et les remontées capillaires, avec les murs à
pierres vues. Un enduit recouvrait ces pierres. |
LE MUR ETAIT
IL ENDUIT ?
Pour savoir si les pierres d'un mur peuvent rester
apparentes ou si l'on doit les enduire, on commence par observer
le mur. Le premier coup d’oeil est parfois trompeur.
DE BAS EN HAUT ...
23 - Les murs qui n'ont pas été entretenus présentent
souvent un parement de pierres plus ou moins visibles.
Avant d'en déduire que le mur était en pierres apparentes,
regardez sous la toiture. Le plus souvent les enduits se dégradent
d'abord en pied de mur sous l'effet de l'humidité. Il reste
des traces d'enduit seulement sous la toiture.
Avec un peu de recul vous observerez également que les joints
sont en creux en pied de mur et pleins en haut. La référence
est bien sur à prendre sur les parties les moins dégradées. |
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24 - Les vieux enduits fouettés en couche mince se décollent
des grosses pierres. |
JOINTS BEURRÉS OU ENDUIT
DÉGRADÉ ?
24 - Il arrive que les vieux enduits se décollent
de la surface plane et lisse des grosses pierres. Appliqués
sur les pierres en couche trop mince, voisine de 5 mm, l'enduit
s'en détache ponctuellement et découvre les grosses
pierres.
Au premier coup d’oeil on peut confondre ces enduits dégradés
avec un rejointoiement à "pierres vues" ou "à
joints beurrés".
Il est vrai que le joint beurré qui déborde sur les
pierres, croise l'effet de l'enduit qui s'en retire.
Cette première observation vous permet de distinguer un mur
décrépi d'un mur qui n'a jamais été
enduit, de différencier les pierres qui ont perdu leur enduit
de celles qui n'en ont jamais eu.
La chaux étant autrefois coûteuse, on appliquait un
enduit pour protéger ou pour mettre en valeur une façade
prévue pour le recevoir.
Il arrive par contre qu'une façade prévue pour être
enduite soit restée pierres à nu, par économie.
C'est fréquent sur les remises agricoles.
Vous vous tromperez rarement en réenduisant les façades
qui portaient un enduit.
La référence est évidemment l'enduit d'origine
à la chaux et non l'enduit ciment dont le XXeme siècle
a peut-être recouvert votre façade.
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26 - Mal bâties, les petites pierres du mur étaient
prévues pour recevoir un enduit. |
PRIORITÉ
AUX PIERRES TAILLÉES :
De nombreuses façades se composent d'encadrements,
de balcons et parfois de corniches en pierres de taille. Si ces
éléments sont en saillie par rapport au nu du mur,
on les nomme "modénature".
La mise en valeur des éléments en pierre de taille
varie selon le type de mur qui les accompagne.
26 - L’absence d'enduit est d'autant plus choquante quand
la qualité du bâtiment
est évidente.
27 - Quand un mur en pierres de toutvenant est accompagné
de reliefs en pierre de taille, un enduit s'impose.
Le fond uni de l'enduit fera ressortir la pierre taillée
et protégera les joints.
28 - L’absence d'enduit met sur le même plan la pierre
de remplissage ordinaire et la pierre taillée.
Visuellement les accidents nombreux de la surface du mur en pierres
de tout-venant prennent même le dessus sur l'effet plus sobre
des éléments en pierre taillée.
29 - Si le mur est également en pierres de taille l'effet
d'ensemble s'impose.
Les pierres sont évidemment laissées apparentes. En
situation urbaine salissante on pourra appliquer sur les pierres
de taille un lait de chaux aérienne dilué (une eau
forte) de façon à éviter le dépôt
des salissures dans les pores de la pierre que l'on vient de nettoyer. |

27 - Un enduit taloché devrait mettre en valeur les pierres
moulurées. |

28 - Pierre taillée en retrait pour recevoir un enduit. Joints
inadaptés, mur écorché. |
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29 - Sur les façade en pierres de taille les joints sont
discrets. |
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APPROCHE PROPOSÉE :
Selon les types de murs et d'architecture , nous
avons essayé de distinguer les situations qui exigent la protection
d'un enduit, pour des raisons techniques ou esthétiques en accord
avec le caractère du bâtiment.
Si les matériaux du mur restent à nu, le joint sera le seul
obstacle à la pénétration de l'eau.
Nous allons voir comment remplir cette fonction tout en maîtrisant
l'esthétique.
1ère étape - Observer pour savoir
si les murs de votre bâtisse peuvent rester joints apparents ou
s'ils doivent recevoir
un enduit.
Les paragraphes précédents concernaient cette
1ere étape. Ils ont du vous guider pour trouver les critères
qui s'appliquent à votre situation.
2ème étape - Les mauvais jointoiements
vont nous aider à cerner les erreurs fréquentes et par opposition
les caractéristiques des joints bien réalisés.
3ème étape - Les exemples de bons jointoiements
illustrent l'effet à rechercher.
4ème étape - Un zoom sur la composition
des mortiers de joints nous permet d'identifier les matériaux
qui conditionnent la qualité visuelle et technique des joints.
5ème étape - Définir le mortier
à réaliser.
Après avoir décrit le mortier à copier, on doit définir
le mortier à réaliser, sa composition et son aspect final.
Vous devrez alors choisir entre 2 options :
A - Composer un mortier à la chaux techniquement
cohérent à partir d'agrégats du commerce et approcher
l'esthétique
des enduits de référence.
C'est une option réaliste pour un travail soigné conforme
au DTU.
B - Reconstituer le mortier de référence
"à l'identique" à partir de matériaux locaux,
si les conditions s'y prêtent, si la
qualité du bâtiment le justifie, et si vous envisagez cette
démarche.
Nous évoquerons cette option exigeante, parfois appliquée
sur les monuments historiques, pour vous en donner un aperçu.
6ème étape - Formulation du mortier
à partir des agrégats locaux et formulation d'un mortier
de chaux à partir des matériaux du commerce.
7ème étape - Application du mortier.
8ème étape - Aspects de finition et variations.
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30 - Joints au ciment. Parfois impossibles à piquer sans
ébranler le mur.
Toujours inesthétiques, ils sont d'autant plus nocifs que
la pierre est tendre et le mur humide. |
LES TYPES DE JOINTS :
Etape 2
LES MAUVAIS REJOINTOIEMENTS :
Il y a des erreurs qui reviennent fréquemment ...
LES JOINTS ETANCHES :
30 - Les joints gris au ciment sont les plus visibles. Etanches
ils obligent l'eau à passer par la pierre qui se dégrade
d'autant plus vite qu'elle est plus tendre.
Trop durs ils sont très difficiles à piquer sans dégrader
les pierres et le mur.
Les enduits prêts à l'emploi, esthétiquement
moins choquants que le ciment (et encore !) sont généralement
trop hydrofugés et souvent trop rigides.
Si vous devez travailler avec un façadier qui n'applique
que des enduits prêts à l'emploi, exigez au moins un
produit adapté au chapitre 11 du DTU 26.1 qui concerne les
"murs hourdés avec des mortiers peu résistants".
C'est une garantie minimum, nécessaire mais non
suffisante, le DTU étant encore trop vague et trop peu contraignant
pour le bâti ancien. Evitez tous les produits adaptés
aux supports à base de ciment.
LES JOINTS QUI TRANCHENT par rapport au parement en pierre sont
le plus souvent une erreur.
Ils sont trop blancs ou trop lisses par rapport à la pierre.
(31)
Dans quelques rares cas la couleur du mortier des joints se distingue
de la couleur des pierres. Cette situation s'observe généralement
en milieu rural quand la terre orangée teinte fortement le
mortier des joints, comme c'est le cas à Roussillon.
En règle générale la mise en valeur porte sur
la pierre. Le joint qui l'accompagne doit se faire discret en copiant
sa teinte et sa texture.
On recherchera toujours un effet d'ensemble sans se perdre dans
les effets ponctuels anecdotiques.
LES JOINTS EN CREUX (32)
Techniquement ils protègent moins de la pluie que les joints
pleins ou que les joints beurrés dont l'excèdent déborde
sur les pierres.
Esthétiquement ils soulignent à l'excès chaque
pierre même la plus petite au lieu de la recouvrir.
Le mur semble écorché (28) |

31 - Ces joints trop clairs, trop lisses et hydrofugés détruisent
l'effet d'ensemble.
Les pierres dégradées peuvent être retaillées
et stabilisées OU protégées par un enduit.
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32 - Moins protecteurs que des joints pleins, les joints en creux
soulignent les irrugalarités de l'appareillage au lieu de
les gommer. |
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33 - Bon exemple de joints pleins adaptés à cet arc
soigné de pierres plates sur du bâti rural. |
Etape 3
LES BONS REJOINTOIEMENTS :
En décrivant de bons exemples de rejointoiementnous
exercerons notre oeil à identifier ce qui leur donne cette
qualité évidente et pourtant si rarement obtenue.
Vous vous préparerez ainsi à observer et à
traduire en termes techniques l'esthétique des jointoiements
de référence qui vous environnent
JOINTS PLEINS
Les bons exemples s'observent en général en milieu
rural. Moins souvent refaites qu'en ville, les façades y
ont gardé plus longtemps les traitements cohérents.
(33)
Les joints se situent au nu des pierres.
Le mortier est toujours plutôt en excès
(34), jamais en retrait.
GRANULATS VARIÉS
Les graves terreuses utilisées (mélange de sable,
de terre et de graviers) apportent une diversité dans la
granulométrie du mortier (36 et 37) et une teinte terre en
accord avec l'environnement immédiat.
Les pierres affleurent à la surface du mortier comme un glaçon
à la surface de l'eau. Les petites pierres noyées
restent
invisibles. (39)
PIERRES BIEN BATIES
La plupart des pierres visibles sont grosses. Elles ont été
disposées de façon à présenter une grande
face plane parallèle au nu du mur.
MORTIERS COULEUR TERRE
La terre teinte le mortier plus que le sable. Nous verrons qu'elle
teinte aussi souvent en patine, en surface, qu'en masse.
Cette prise de patine est favorisée par les mortiers de chaux
et particulièrement la chaux aérienne. (39) |

34 - Mortier de chaux et sable terreux. Joints pleins bien réalisés. |

35 - Le mortier des joints ne fait pas le tour de chaque pierre. |

36 - Quand les joints sont bien réalisés ils
s'imposent par la qualité de leur matière et
laissent aux pierres leur juste place. Elles
affleurent sans se détacher une à une. |

37- La chaîne d'angle harpée affleure le mortier des
joints. |

38 : On retrouve la qualité de la matière du mortier
(texture et teinte terre) . |

39 - Seules les grosses pierres présentant
une face parallèle au mur apparaissent. |

40 - Les joints neufs bien réalisés laissent aux pierres
leur juste place, discrète. |
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LES JOINTS CLOUTÉS
un cas à part :
Le cloutage consiste à incorporer au mortier
frais qui vient à fleur de la face visible des pierres, des
petits éléments de récupération, poreux.
Ces éclats de terre cuite, de laves ou de mâchefer
ont plusieurs fonctions :
- Absorber l’humidité du mortier, le rendre plus compact
et éviter que celui ci, encore frais, ne retombe. Ca permet
donc de charger davantage en mortier
- Accélérer le séchage et la prise du mortier
: les pores des tesselles, absorbent l’eau du mortier et libèrent
du gaz carbonique qui accélère la carbonatation de
la chaux.
- Décorer la façade, et ce, à peu de frais
Ces tesselles sont des cassons de briques ou de tuiles (on en trouve
tout spécialement en Roussillon vers Perpignan où
sont très utilisées briques et éclats de "cayroux"),
et des rebuts de forge, noirs, très décoratifs mais
aussi très chargés en gaz carbonique,excellent accélérateur
de prise pour le mortier.
Cayroux : Grandes briques plates de l'épaisseur du mur, qui
ont servi à construire les murs en brique vers Perpignan. |
41 - Joints cloutés de tesselles
noires et rouges. Grosses pierres entre lits de cayroux |
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43 -Blancs noirs rouges, les grains observés se retrouveront
dans l'échantillon |
Etape 4 - ZOOM
OBSERVER LES JOINTS A COPIER :
Nous allons faire un zoom sur la composition des
joints qui vont vous servir de référence.
Les joints de référence sont peut-être les vieux
joints encore en bon état qui se trouvent sur votre construction.
A défaut, prenez en référence les joints d'une
construction construite avec le même type de mur (même
matériaux, même appareil) et qui porte encore le mortier
d'origine.
Nature des anciens joints :
1 - Observer et décortiquer
LES FINES qui composent la pâte du mortier.
On distingue dans les mortiers des joints la pâte, composée
de terre et de chaux, et les granulats, grains de sable, gravier,
terre cuite.
Sur la photo 43 la pâte brun clair qui enrobe les grains se
compose de terre, de sable fin et de chaux.
LES GRANULATS
Les grains de sable noirs ou beiges et les points rouges de terre
cuite caractérisent les 3 agrégats qui ressortent
sur la photo 43 . Les points blancs sont des nodules de chaux incuits
ou surcuits qui ne s'est pas éteinte.
LA PATINE
La teinte couleur terre (44) visible en surface est parfois trompeuse.
Cette
prise de patine n'est pas la teinte du mortier dans la masse. La
teinte claire du mortier d'origine est perceptible au dos de l'échantillon
prélevé (45)
Il est important de distinguer la phase d'observation / description
de la phase de déduction / conclusion.
Dans l'exemple précédent (76-77) on observe que le
mortier d'origine était beige contrairement à son
aspect actuel résultant d'une prise de patine couleur terre.
On peut en déduire, si l'on est puriste, que l'on va réaliser
un mortier de même composition, même s'il est clair,
et attendre 20 ou 30 ans une prise de patine naturelle.
On peut choisir à l'inverse d'intégrer plus rapidement
la façade rejointée aux façades voisines patinées,
et au paysage.
On choisira alors de réaliser une patine couleur terre pour
copier la patine naturelle prise en référence.
A vous de transposer cet exemple et de choisir entre une intégration
immédiate par une patine artificielle ou le respect scrupuleux
de la composition d'origine qui ne s’intégrera que
très lentement.
RÉSUMÉ DES QUESTIONS à
se poser pour caractériser le mortier des joints à
copier :
- Quelle est la nature, la couleur et la granulométrie des
sables et graviers inclus dans le mortier des joints ? (35)
- Quelle est la proportion des fines (chaux et terre) contenues
dans ce mortier et qui constituent la pâte qui enrobe les
grains des agrégats ?
- La couleur de la pâte en surface (avec la patine et la salissure)
est elle la même qu'en masse (au dos des échantillons
prélevés).
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44 |

45 |
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Etape 5
DEFINIR LE TRAVAIL A RÉALISER
Nous distinguerons une option A soignée mais accessible,
réalisée avec des agrégats du commerce. Conforme
au DTU (Document Technique Unifié), cette option peut-être
garantie par le maçon. L'option B est décrite pour comparaison.
Difficilement réalisable, elle sort du DTU.
Option A - Approcher l'aspect des jointoiements anciens
de référence au plus près dans la composition et
l'aspect mais avec des matériaux du commerce pour la masse de l'enduit.
Cette option réaliste peut être nuancée par un apport
modéré de matériaux locaux en complément.
C'est la solution que nous vous recommandons.
Option B - Restituer les joints anciens "à
l'identique".
Cette option est évoquée pour situer par comparaison les
pratiques qui sortent des applications couvertes par le DTU.
Cette option B permet aussi de poser des questions de "doctrine".
On nomme ainsi les questions de fond qui soulèvent des orientations
à prendre (par exemple, doit-on copier l'aspect actuel OU la composition
d'origine d'un mortier de référence ?)
Ces orientations sont discutées (on pèse le pour et le contre)
puis appliquées comme des doctrines que l'on ne remet
pas en cause chaque jour.
On se donne ainsi les moyens de mettre en oeuvre l'orientation prise.
On fait le point quand on a assez de recul sur les effets de la doctrine
pour la remettre en cause. Cette attitude peut paraître compliquée
mais elle permet aux professionnels de gérer ensemble l'arbitraire
de certains choix et d'en tirer
des leçons au lieu de maintenir stupidement en place des orientations
qui auraient fait la preuve de leurs effets nocifs.
Cette parenthèse faite, revenons à nos moutons (à
nos joints).
2 - Reconstituer le mortier observé
- Choix des agrégats.
Option A - On recherchera dans les matériaux du
commerce ceux qui s'approchent des matériaux d'origine observés
: sables, pierre concassée, briques ou pierres pillées,
pouzzolane.
Option B - Retrouver et prélever dans l'environnement
les agrégats identifiés dans le mortier de référence
à reproduire
(sable de rivière, poches de sable, terre non organique)
- Choix des liants.
Ce seront toujours des chaux, hydrauliques de norme "NHL 2"
ou "NHL 3,5" ou chaux aérienne de norme "CL 90".
Si les joints étaient à la terre sans chaux, vous ne pouvez
pas demander à un artisan de vous garantir le mortier à
la terre.
Pour rester dans l'option A vous pouvez formuler avec de la chaux et des
sables du commerce et nuancer avec une patine
couleur terre.
- La terre
Option A - On peut appliquer une terre locale en patine
(décantée, filtrée et diluée dans de l'eau
de chaux).
On peut aussi appliquer cette terre locale sur un échantillon d'enduit
et recopier son effet avec des terres du commerce
: Terre de sienne ou d'ombre naturelles, ocres jaune et rouge.
On peut aussi remplacer un seau de sable par un seau de terre locale.
On se situe entre les options A et B (hors assurance mais à risque
minimisé)
 46
- On observe la couleur de la pâte du mortier de joint et
on cherche à identifier les divers granulats. |
- Teinte
en masse ou en surface ?
Options A - Teinte en surface par une patine à
la terre locale ou recomposée à partir de terres du
commerce.
Options B -
L'effet coloré final repose sur trois effets.
Le fond est donné par la pâte du mortier, composée
de fines (argiles, terres, chaux). Sur ce fond se détachent
les grains moyens qui contrastent parfois fortement en noir, blanc
ou brun orangé. Les plus gros grains de sable peuvent atteindre
1 à 2 cm dans le mortier des joints. Ils apparaissent comme
des éléments enrobés dans les autres composants
du mortier dont la granulométrie s'étale de 0 à
5mm.
On peut modifier la teinte en masse par ajout d'un seau ou plus
de terre locale ou par utilisation d'un sable argileux.
On peut associer 2/3 de sable du commerce lavé à 1/3
de sable très argileux.
Pour approcher la granulométrie variée des mortiers
de référence on peut aussi remplacer jusqu'à
1/2 à 1 seau du sable du commerce par un sable local grenu
qui apportera les variations recherchées.
En résumé, on peut corriger l'aspect trop régulier
d'un sable du commerce par apport de fines colorées (sable
argileux) et d'une petite quantité de graviers de 7 à
15mm, prélevés dans une rivière proche. |
- Les effets du vieillissement
LA PATINE : On a vu ci-dessus comment
copier les effets d'une patine naturelle.
L'ÉROSION : Avant de la copier on ne doit pas
oublier que c'est une altération de l'enduit.
Les grains de sable déchaussés sont certes plus visibles
mais si on les observe à la loupe ils apparaissent en "porte
à faux sur le vide".
Pour faire ressortir les grains de sable sans trop les déchausser
on a 3 solutions de la plus simple à la plus compliquée
:
1 - Talocher avec une taloche éponge régulièrement
lavée pour enlever la laitance de la chaux qui blanchit les grains
de sable.
2 - Passer à la brosse du vinaigre blanc sur l'enduit
quelques jours après l'application de la finition.
3 - Appliquer un acide dilué (1 volume dans 10
volumes d'eau)
ATTENTION : Il faut impérativement
portez des gants et des lunettes de protection, quand on prépare
la dilution eau+acide et quand on l'applique.
Précautions à prendre :
- On attend que l'enduit ait fait prise et soit sec.
- On l'arrose au jet sans pression pour éviter que l'enduit sec
n'aspire l'eau acidulée.
- On commence par le bas de la façade.
- On applique à la brosse.
- On rince au jet sans pression.
Des essais sur un pan de mur peu visible sont conseillés pour maîtriser
le temps d'attente entre l'application et le rinçage. |
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Etape 6 - FORMULER
- Avec des matériaux du commerce (option
A)
Les dosages à la chaux que vous utilisez pour le corps de l'enduit
conviennent pour les joints. On peut même les doser un peu moins
en liant.
Le rapport entre les volumes de chaux et de sable se situe autour
de 1 / 3. Il peut atteindre 1 / 4 avec des sables terreux
chargés en fines.
Vous pouvez faire le test de la plaque de verre pour vérifier
que votre dosage est bien dosé.
DOSAGE A LA CHAUX HYDRAULIQUE :
Adapté aux situations à risque : murs présentants
des remontées d'humidité, aux pierres dures, aux murs exposés
au vent dominant dans les régions pluvieuses, période d'application
à quelques mois seulement de l'hiver avec risque de gel.
- 4 seaux de chaux hydraulique - 10 à 12 seaux d'agrégats
(sables et autres agrégats, selon la composition retenue).
On peut associer par exemple 8 seaux de sable jaune de carrière
non lavé à 4 seaux de sable gris de rivière pour
4 seaux de chaux hydraulique.

47 - Mortier prélevé. Il sera pilé pour séparer
les éléments qui le composent sans les broyer. |
DOSAGE
A LA CHAUX AÉRIENNE :
Si les murs ne présentent pas de traces permanentes d'humidité
en partie basse vous pouvez utiliser de la chaux aérienne.
L'enduit sera plus respirant, le mortier plus plastique, et la prise
de patine plus rapide.
La chaux aérienne est également conseillée
avec les sables terreux, les agrégats pouzzolaniques (certaines
terresargileuses, les terres peu cuites, les pouzzolane, les arènes
granitiques)
- 4 seaux de chaux aérienne en poudre
- 10 seaux d'agrégats.
BATARD CHAUX HYDRAULIQUE ET AÉRIENNE :
- 2 seaux de chaux aérienne en poudre
- 2 seaux de chaux hydraulique
- 10 seaux d'agrégats.
FORMULER
- Avec des agrégats locaux (option B)
- Prélevez au moins un demi seau du mortier de joints à
recopier.
- Ecrasez ce mortier dans un pilon ou au fond d'un seau avec une
bûche de bois.
Certains mortiers se désagrègent facilement.
D'autres se cassent en grumeaux compacts de chaux et d'agrégats
impossibles à séparer.
Passez au tamis fin pour séparer la poussière des
grains de sable.
Séparez visuellement les grains par nature, par couleur ou
par granulométrie.
Estimez la proportion par type d'agrégat.
Si la qualité du bâtiment le justifie, on peut parfois
rechercher la nature de la chaux (aérienne ou hydraulique)
et la nature des sables contenus dans le mortier de référence
à contretyper. Ces analyses de laboratoire sont coûteuses,
parfois sujettes à caution, et leur exploitation pratique
rarement évidente.
Il est souvent plus efficace de trouver un très bon professionnel
qui connaît les matériaux locaux. Il identifiera visuellement
les sables, la terre ou les pierres en décomposition qui
composent l'ancien joint. Il saura où trouver des agrégats
de même nature à proximité.
- Préparer le mortier
Les agrégats et les liants sont approvisionnés, le
dosage choisi, vous pouvez formulez le mortier.
LE JOUR MÊME
Mesurez les agrégats en seaux arasés.
Pour les chaux, on considère en moyenne qu'un seau de 10
litres de chaux aérienne pèse 5 Kg et 1 seau de chaux
hydraulique 8 Kg
Mesurez l'eau et ajoutez éventuellement 1 bouchon de teepol
par seau d'eau pour trouver la plasticité recherchée
sans excès d'eau.
LA VEILLE
Les mortiers formulés la veille au soir seront plus plastiques
quand on les utilisera le lendemain.
Avec la chaux aérienne, on verse la gâchée sur
un plastique que l'on replie dessus. On re-malaxe avant d'appliquer
le lendemain matin.
Avec la chaux hydraulique on pratique de même mais on devra
ajouter 1/6eme de l'eau mise la veille pour re-malaxer.
Cette chaux rebattue aura l'avantage de ne pas avoir de fissures
de retrait, défaut fréquemment reproché aux
chaux hydrauliques. |

48 - Mortier pilé et tamisé pour évaluer la
proportion de grains fins, moyens et gros. |
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Etape 7
APPLIQUER LE MORTIER :
- Préparer le support
On mouille le support au jet sans pression. On attend que l'eau ait ressuyé
(ne soit plus en surface) avant de jeter le mortier dans les joints.
- Appliquer le mortier
On jette avec force le mortier dans les joints. les professionnels
tombent peu de mortier. La truelle lâche le mortier
dans le sens du joint.
Si le mortier n'est pas trop liquide il reste accroché en excès
par rapport au nu des pierres. On resserre à la truelle
ce mortier en excès.
Le mortier tombe s'il contient trop d'eau ou un sable trop cru.
L'application au sablon a l'avantage de serrer fortement le mortier dans
le joint. On enlève rapidement le mortier en excès qui recouvre
les grosses pierres avec la tranche de la truelle. |
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Etape 8
NUANCER L'ASPECT DE FINITION
pour approcher la richesse d'aspect des matériaux locaux.
LES JOINTS BEURRÉS ne sont pas retravaillés.
Ils restent tels que les laisse le coup de truelle qui écrase l'excès
de
mortier sur les pierres.
ON BROSSE les joints pleins le lendemain pour nettoyer les grosses pierres,
mais sans chercher à dégager les petites pierres.
Le coup de brosse permet également de refermer les fissures de
retrait qui peuvent de former entre la pierre et le joint.(on peut utiliser
une brosse à chiendent sur les pierres et une balayette en coco
sur les joints encore frais)
On gomme du même coup les coups de truelle qui en serrant le joint
ont pu le lisser.
La chaux hydraulique, plus forte que la chaux aérienne, compense
la perte de cohésion due au brossage qui ouvre l'épiderme.
ON PATINE avec une terre locale ou des terres du commerce dont le mélange
copie la teinte de la patine naturelle.
La patine s'applique le lendemain, après le coup de brosse.
ON COPIE L'ÉROSION en dégageant les grains de sable de la
chaux qui les tache, avec une éponge, un feutre, du vinaigre blanc
ou une eau acidulée (voir plus haut)
CONCLUSION :
Nous espérons vous avoir aidé à trouver des réponses
aux questions qui se posent toujours dans le même ordre :
- Dois-je enduire ou laisser les pierres à nu ?
- Avec quels matériaux composer le mortier des joints que je vais
réaliser ?
- Quel aspect de finition donner aux joints réalisés ?
Parmi les situations évoquées ci-dessus, vous avez peut-être
pas reconnu votre mur.
Si c'est le cas, envoyez un email accompagné de photos à
"facades@patrimoine-facades.com"
(1)
Nous vous répondrons.
(1) - Prenez, si possible une photo de l'ensemble de la façade
/ une photo rapprochée de 1 m2 de mur / un gros plans du mortier
de joint.
Soit 3 photos d'échelle approximative 1/100 1/10 et 1/1. |
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QUELQUES DÉFINITIONS :
PIERRES FROIDES :
Pierrres dures insensibles à l'eau et se cassant par éclats.
POUZZOLANE :
Les cendres volcaniques de la région de Pouzzole en Italie étaient
utilisées dans la confection des mortiers Romains. Elles apportent
à des chaux non hydrauliques la capacité de faire prise
en présence d'eau.
En l'absence de pouzzolane, les Romains recherchaient cette prise "pouzzolanique"
par ajout au mortier de terres (peu) cuites broyées ou de matériaux
réactifs telles les arènes granitiques.
TERRE PEU CUITE :
Du point de vue du fabricant de tuiles c'est une argile mal cuite de moindre
résistance. De notre point de vue c'est un matériau de choix
que l'on pourra broyer pour l'inclure à un mortier de tuileau.
ARÈNES GRANITIQUES :
Ce sont des granits en décomposition se présentant sous
la forme de poches de sable. Cet agrégat a comme la pouzzolane
et la terre cuite broyée, la capacité de développer
une prise pouzzolanique en présence d'une chaux non hydraulique.
Luc NEPLES |
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